« Être au service du Soi, cela veut dire que l'on accepte de fournir l'effort d'un long travail sur soi-même ; et cet effort vaut la peine, car la richesse intérieure de l'âme qui se révèle au cours du processus est la seule possession qu'on ne peut pas nous retirer dans ce monde devenu incertain. »

Marie-Louise von Franz

Psychothérapie : l'expérience du praticien

Détail d'une œuvre de street art dans le quartier de La Candelaria, Bogotá, Colombie, 2025, © Matthieu Marès.


Accompagnement à la préparation et à l’intégration des expériences psychédéliques


Certaines expériences ouvrent des espaces intérieurs puissants : parfois lumineux, parfois ombrageux, souvent profondément marquants. Qu’elles soient vécues comme apaisantes, bouleversantes ou difficiles à mettre en mots, elles laissent une empreinte psychique qui mérite d’être accueillie, élaborée et intégrée.


C’est dans cette perspective que je propose un accompagnement psychologique dédié à la préparation et à l’intégration de ces expériences, dans un cadre sécurisant, éthique, respectueux et non jugeant.


Le terme de psychédéliques désigne généralement des substances dites classiques, telles que le LSD — diéthylamide de l’acide lysergique —, la psilocybine, la psilocine, la DMT — diméthyltryptamine (N,N-DMT ou 5-MeO-DMT) — ou encore la mescaline. Dans une acception plus large, le champ des psychothérapies assistées par psychédéliques peut également inclure des substances comme la MDMA — 3,4-méthylènedioxy-N-méthylamphétamine, plus connue sous le nom d’ecstasy —, la kétamine ou l’ibogaïne, bien que celles-ci appartiennent à des catégories pharmacologiques distinctes.


Un cadre éthique, respectueux et sécurisant


Cet accompagnement ne consiste ni à encourager, ni à organiser, ni à encadrer la prise de substances psychédéliques. En France, l’usage, la détention, l’acquisition, le transport, l’offre ou la cession de substances psychédéliques — lorsqu’elles sont classées comme stupéfiants — sont strictement encadrés et pénalement sanctionnés, notamment par les articles L. 5132-7, L. 3421-1 et L. 3421-4 du Code de la santé publique, ainsi que par l’article 222-37 du Code pénal (legifrance.gouv.fr) ; hors cadres de recherche ou d’autorisations spécifiques.


Pour autant, malgré ce cadre légal prohibitif, l’usage de substances psychédéliques demeure une réalité concrète pour beaucoup de personnes. Qu’elles s’inscrivent dans un contexte spirituel, thérapeutique ou dans une démarche d’exploration personnelle, ces expériences ont lieu — parfois dans des cadres adaptés et sécurisés — la plus part du temps à l'étranger —, mais aussi, trop souvent, dans des conditions inadaptées, isolées ou psychiquement fragilisantes.


Face à ce constat, l’enjeu ne peut se limiter à la seule interdiction. Lorsqu’une personne a vécu, ou envisage de vivre, une expérience psychédélique, il me semble de notre responsabilité de lui offrir un espace d’accueil, d’écoute et de prévention, afin de réduire les risques psychologiques, de soutenir sa sécurité psychique et de prévenir l’isolement. Il ne s’agit donc pas de promouvoir l’usage de substances, ni de le banaliser, mais de reconnaître l’existence de ces pratiques pour mieux accompagner les personnes concernées.


Ma démarche s’inscrit exclusivement dans une perspective d’écoute, de prévention des risques et d’élaboration psychique. Elle vise à accueillir des vécus parfois profondément transformateurs, parfois déstabilisants, voire dévastateurs ou, plus simplement, difficiles à intégrer, dans un cadre bienveillant, confidentiel, respectueux et non jugeant.


Le grand avant et le grand après


L’objectif de cet accompagnement est de soutenir un travail d’élaboration psychique autour d’une expérience psychédélique passée ou envisagée, en distinguant deux temps essentiels : la préparation — le grand avant —, et l’intégration — le grand après.


Lorsqu’il s’agit d’une expérience envisagée, la préparation permet de clarifier les intentions, les attentes et les représentations associées à cette démarche. Elle aide également à identifier les ressources psychiques disponibles, les vulnérabilités psychologiques éventuelles, ainsi que les zones de fragilité à connaître et de solidité sur lesquelles s’appuyer. Ce temps préalable vise à poser les conditions d’un cadre intérieur suffisamment contenant, afin d’aborder l’expérience avec davantage de conscience, de discernement et de sécurité.


Lorsqu’il s’agit d’une expérience déjà vécue, l’intégration consiste à revenir sur ce qui s’est présenté afin d’en explorer les résonances psychiques, émotionnelles, corporelles, relationnelles, symboliques et spirituelles. Il s’agit de mettre des mots sur ce qui a été traversé, d’en repérer les effets dans le quotidien — parfois différés — et de permettre à cette expérience de trouver une place plus juste dans l’histoire personnelle, la vie intérieure et le cheminement de chacun·e.



L’accompagnement proposé ici ne vise pas à idéaliser l’expérience psychédélique, ni à la présenter comme une solution en soi, mais à soutenir un travail d’élaboration afin qu’elle puisse trouver une place plus juste dans la vie quotidienne de chacun·e.


Mon approche s’ancre dans la psychologie jungienne


Dans cette perspective, les expériences psychédéliques peuvent être envisagées comme des rencontres — parfois des confrontations — avec des contenus profonds de l’inconscient. Images, archétypes, sensations corporelles, souvenirs, visions ou mouvements intérieurs peuvent alors se présenter comme autant d’expressions d’un processus de transformation psychique.


Il ne s’agit pas de réduire ces vécus à des explications immédiates, ni de les enfermer dans des interprétations hâtives. Le travail consiste plutôt à en accueillir la complexité, à en préserver la richesse symbolique et à permettre qu’ils deviennent progressivement assimilables par la psyché.


L’expérience peut ainsi devenir une matière vivante : un support de compréhension, de transformation et de réorganisation intérieure.


Dans une lecture jungienne, cette dynamique peut être comprise comme un mouvement de l’être vers le Soi : une forme de totalité psychique et psychosomatique, toujours singulière, que chacun·e est appelé·e à rencontrer selon son propre chemin.


Entre traditions anciennes et pratiques contemporaines


Les psychothérapies assistées par psychédéliques connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt en Occident. Elles ne surgissent toutefois pas hors de toute histoire : elles entrent en résonance avec des pratiques anciennes, présentes dans de nombreuses cultures, où le système corps-cœur-esprit, le rituel, l’imaginaire, la relation au vivant et l’expérience symbolique occupent une place centrale.


Mon approche se situe à la croisée de ces héritages — notamment ceux issus de certaines traditions chamaniques et des savoirs des peuples premiers — et des pratiques contemporaines de préparation et d’intégration développées dans le champ des psychothérapies assistées par psychédéliques (PAP). Il ne s’agit ni d’idéaliser les traditions anciennes, ni de réduire ces expériences à un simple protocole thérapeutique moderne administré dans une chambre l'hôpital, mais de reconnaître la profondeur psychique, corporelle et symbolique qu’elles peuvent mobiliser.


Dans plusieurs pays et territoires, ces pratiques font aujourd’hui l’objet de recherches cliniques, de dispositifs d’accès dits compassionnels ou de cadres thérapeutiques réglementés. C’est notamment le cas en Suisse, où certaines approches peuvent être autorisées dans des conditions médicales strictes ; au Canada, à travers le Special Access Program ; en Australie, où certains psychiatres autorisés peuvent prescrire la MDMA ou la psilocybine pour des indications précises ; ainsi que dans certains États nord-américains comme l’Oregon et le Colorado, qui ont mis en place des dispositifs encadrés autour de la psilocybine.


Ces émergences thérapeutiques ne peuvent être réduites à un simple effet de mode. Elles peuvent aussi être entendues comme l’expression d’un besoin profond : celui de renouer avec les dimensions symboliques, corporelles, émotionnelles, psychiques et parfois spirituelles de l’existence, dans un cadre suffisamment contenant pour que l’expérience puisse devenir matière à élaboration, transformation et intégration.


Pour qui ?


Je vous accueille avec ce qui est là : les images, les émotions, les questions, les élans, les peurs ou les incompréhensions. Le travail se fait dans le respect de votre rythme, de votre histoire et de votre singularité.


Cet accompagnement peut s’adresser à toute personne souhaitant :


  • se préparer de manière consciente et sécurisée à une expérience psychédélique ;
  • intégrer une expérience passée, qu’elle ait été réconfortante, bouleversante ou difficile ;
  • traverser des vécus intenses, déroutants ou persistants ;
  • donner du sens à des images, visions ou sensations apparues durant l’expérience ;
  • inscrire cette traversée dans un processus plus large de transformation personnelle ;
  • éviter que l’expérience ne reste fragmentée, idéalisée ou traumatique.

Transformer l’expérience en ressource intérieure


L’enjeu ne réside pas uniquement dans l’expérience elle-même, mais dans ce qui peut en être fait ensuite : la manière dont elle est accueillie, mise en sens, symbolisée et progressivement intégrée au cheminement psychique.


À travers ce travail d’élaboration, une expérience intense — qu’elle ait été lumineuse, déstabilisante ou difficile à comprendre — peut devenir une véritable ressource intérieure : un appui pour mieux se connaître, traverser certains conflits psychiques, réorienter son rapport à soi, aux autres et au monde, et parfois marquer une étape significative dans un processus d’individuation.


Accompagnement à la préparation et à l’intégration des expériences psychédéliques à Paris